Gilles Julien

Fondation Du Dr. Julien

Montreal, QC

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Secteur d'Impact

Droits de l'Homme & Égalité

Engagement Citoyen

Jeunesse

Santé & Bien-Être

LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS CREUSE LES FISSURES DANS LES SYSTÈMES DE SERVICES SOCIAUX DE NOS ENFANTS

‘La pédiatrie sociale communautaire’ place l’enfant au centre d’un réseau de soutiens communautaires, sociaux et familiaux pour mieux soutenir leur santé et leur bien-être. Plutôt que de traiter les symptômes, cette approche s’attaque aux causes problématiques profondes – comme la pauvreté – qui contribuent aux mauvais résultats en matière de santé mentale des enfants.


Le Fellow Ashoka canadien, Dr. Gilles Julien, veille à ce que les enfants canadiens ne tombent pas entre les mailles du filet. Son modèle, qui a fait ses preuves pour repenser et soutenir la santé des enfants, s’étend au Canada et à l’international.

SÉRIE
RÉSEAU
GLOBAL

Donner aux enfants vulnérables les soins et les outils dont ils et elles ont besoin pour soutenir un développement sain

Le Dr Gilles Julien transforme la pédiatrie en une pratique communautaire intégrée qui place les enfants au cœur des décisions et mobilise les ressources de la communauté pour les aider.

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Lutter contre le stress toxique, en collaboration.

Au Canada, près d’un enfant sur cinq vit dans la pauvreté. De ce nombre, plus du tiers proviennent des Premières Nations. Ces enfants tombent souvent entre les mailles des services sociaux cloisonnés. Les enfants vivant dans des conditions de vie difficiles souffrent de manière disproportionnée de maladies – ce qui menace gravement leur capacité à devenir des adultes en bonne santé.

Le Dr Julien a exercé la pédiatrie pendant plusieurs décennies, occupant divers postes dans le communautaire, la santé publique et auprès des Inuits du nord du Québec avant de passer à la pédiatrie sociale. En tant que premier Fellow Ashoka au Québec, sa mission est de prendre soin et de défendre les enfants souffrant de nouvelles morbidités sociales qui affectent leur santé et leur développement.

La pédiatrie sociale est un modèle unique qui a été reproduit au Canada et ailleurs. Cette approche intersectorielle fondée sur des données probantes se concentre sur l’art d’écouter et habilite les enfants vulnérables et leurs familles à prendre des décisions. Grâce à cette méthode, la famille peut alors traiter et agir sur les facteurs de vulnérabilité elle-même. Les principales cibles sont les stress toxiques qui affectent le développement du cerveau et les expériences traumatiques cumulatives qui créent de graves troubles émotionnels.

Aux côtés de Mme (Sioui) Trudel, le Dr Julien a ouvert les deux premiers centres communautaires de pédiatrie sociale au Québec en 1997 et 2003. En 2005, il a lancé la Fondation du Dr Julien pour former des équipes et changer la façon dont les professionnels de la santé servent les familles pauvres en alignement avec la Convention relative aux droits de l’enfant. Les pédiatres sociaux collaborent depuis des années avec les enseignants, les travailleurs sociaux, les policiers, les bénévoles et autres pour développer des services intégrés qui traitent de la prévention ainsi que du traitement ou de la réadaptation.

Grâce à des partenariats avec les universités et le gouvernement, le Dr Julien réalise un changement à long terme. Il travaille avec des universités d’autres régions pour faire de la pédiatrie sociale une composante obligatoire des écoles de médecine. Il a également incité les gouvernements provinciaux à reconnaître officiellement la pédiatrie sociale et à l’intégrer au système de santé canadien. En 2018, le gouvernement du Québec a engagé 23 millions de dollars en pédiatrie sociale.

En 2009, la Fondation du Dr Julien a ouvert le Garage à musique, un centre communautaire spécialisé en pédiatrie sociale où les services comprennent l’art, l’ergothérapie et la musicothérapie. Aujourd’hui, Garage à musique dessert 1 000 jeunes par semaine.

Par l’entremise de trois centres spécialisés à Montréal, le Dr Julien a servi des milliers d’enfants vulnérables et leurs familles. Il a également formé et influencé plusieurs centaines de professionnels à pratiquer la pédiatrie sociale communautaire. Auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la santé globale des enfants et le respect de leurs 41 droits, sa contribution à la société a été reconnue par de nombreux prix et distinctions, dont l’Ordre du Québec (2011), l’Ordre du Canada (2011), et le prix Janusz Korczak en reconnaissance des soins aux enfants dans l’esprit du Dr Korczak (2017). En 2018, il a été reconnu comme l’une des 100 personnes les plus influentes de la province de Québec.

Faits Saillants du Réseau

Global News présente la Fondation du Dr Julien pour son engagement à fournir des soins pédiatriques sociaux en milieu communautaire
Grands oubliés de la pandémie: plaidoyer du Dr Julien pour le déconfinement des ados
Le Dr Julien est présenté dans la Gazette de Montréal pour son travail exceptionnel au Québec

Le pédiatre québécois, Dr Gilles Julien, construit des réseaux résilients pour la santé mentale et physique des enfants

De nombreux patients du Dr Julien – issus de communautés pauvres, souvent racisées, ayant des antécédents de traumatisme – se trouvent maintenant à l’épicentre de la crise de Covid au Canada.

Nous avons discuté avec le Dr Julien de l’impact de la pandémie sur son travail et de la façon dont elle peut générer des avantages inattendus (et durement gagnés) pour la prestation des services de santé mentale pour enfants.

Qu’est-ce que la “pédiatrie sociale communautaire”?

La plupart des services de santé sont fournis de haut en bas. La pédiatrie sociale communautaire change ce paradigme. Nous nous rapprochons des enfants, de leurs familles et de leurs communautés. Nous établissons la confiance, puis nous travaillons ensemble pour créer un plan de traitement adapté à chaque enfant et chaque famille.

Nous savons que les enfants et les familles sont les experts de leur vie. C’est à eux de nous dire leurs besoins et leurs priorités, ainsi que les solutions qui leur conviennent. Cela nous permet de les connecter avec les supports dont ils et elles ont besoin. Plus nous nous engageons à ce que les familles connaissent les solutions, meilleurs sont les résultats.

Ce changement de paradigme est difficile – car les spécialistes y résistent. Nous ne sommes pas formés pour nous rapprocher de nos clients. Nous sommes censés être les experts, pas les patients. Mais au Québec, nous avons maintenant 42 centres qui offrent ce type de soins interdisciplinaires et intégrés aux enfants les plus vulnérables – et c’est un succès, et ça grandit. Donc c’est possible.

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Comment la COVID-19 affecte-t-elle les enfants et les communautés avec lesquelles vous travaillez?

Mes patients viennent des communautés les plus vulnérables du Canada. Ces enfants et ces familles sont exclus du système. Ils vivent dans de très mauvaises conditions. Ils ont subi toutes sortes de «stress toxiques» : pauvreté, antécédents de violence et de traumatismes, toxicomanie, racisme.

L’épidémie a exacerbé ces problèmes. Les gens sont isolés socialement dans de petits appartements. Ils ont perdu leur emploi ou bien travaillent en première ligne. Nous constatons une augmentation de la peur, de la violence, de l’anxiété et de la dépression. Les problèmes de santé mentale sont le plus grand sous-produit du coronavirus chez les enfants – plus, en fait, que la maladie elle-même.

Le filet de sécurité quotidien des enfants a disparu : les conseillers scolaires, les enseignants et les gardiens qui les orientent et les protègent ne sont plus là. Nous sommes donc devenus des travailleurs de première ligne pour nous assurer que nos enfants et nos familles sont bien protégés.

Vous prodiguez désormais des soins par télémédecine. Que remarquez-vous au sujet de ce changement?

Avant la pandémie, je voyais des patients vulnérables peut-être une fois par semaine ou par mois – souvent moins – ce qui n’était pas idéal. La confiance est le fondement de la pédiatrie sociale et lorsque vous voyez rarement un patient, il est très difficile de développer cette confiance.

Maintenant, avec la pandémie, je me rapproche des familles. Avec la télémédecine, je peux parler à mes patients vulnérables chaque semaine, même tous les jours. Cela prend cinq, dix minutes. Nous pouvons voir beaucoup plus de familles et d’enfants parce que personne n’a à voyager. La population adolescente est généralement très difficile à atteindre. Mais pendant la Covid, ils peuvent nous parler depuis leur canapé. Nous pouvons demander à un membre de la famille de nous rejoindre pour discuter d’un plan de traitement ou d’un problème. Et j’ai été surpris de leur volonté de co-concevoir et de suivre la thérapie que nous proposons ensemble. Nous les entendons dire: «Okay, j’en veux plus la semaine prochaine. Allez-vous être ici?  » Nous constatons que la télémédecine et l’audio sont vraiment utiles.

Il semble que les conditions créées par COVID-19 aient créé des opportunités pour aller de l’avant et développer de nouvelles façons de fournir des services de santé mentale. Quelles pratiques pensez-vous garder après la pandémie?

Nous sommes des entrepreneurs sociaux, nous avons donc l’habitude de nous adapter et d’innover en permanence. Nous cherchons toujours des moyens de nous rapprocher des familles, comme faire du vélo ou faire les courses ensemble dans leur communauté. Nous avons structuré nos Garages à Musique de nos centres de pédiatrie sociale où nous utilisons les outils de l’éducation musicale comme une passerelle vers d’autres services de soutien aux enfants et aux jeunes. À bien des égards, nous étions prêts pour la pandémie sans savoir qu’elle allait arriver.

Il y a quelques mois, je n’aurais pas pensé que la télémédecine serait aussi utile qu’elle l’est. C’est très surprenant. Nous continuerons après la pandémie, car c’est une réelle opportunité de voir nos enfants plus souvent et de garder nos familles plus proches pour offrir plus de services. Nous avions un modèle robuste et adaptable et nous avons maintenant une nouvelle couche de technologie qui augmente notre capacité à engager et à rassembler les gens.

À l’heure actuelle, la population générale est de plus en plus consciente des inégalités et des violations des droits des enfants. Les gens sont plus empathiques avec leurs voisins et avec les gens qui souffrent. Ils donnent de l’argent aux causes les plus nécessiteuses. C’est le bon moment pour aborder ces problèmes lorsque les gens sont prêts à changer leurs mentalités et leurs comportements sociaux.

Cette pandémie crée des défis très difficiles, mais des améliorations durables en ressortent également.