Shelly Elverum

Ikaarvik

Pond Inlet, NU

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LES PREMIERS SCIENTIFIQUES DE L’ARCTIQUE

Le défi : Les changements climatiques modifient rapidement le paysage arctique autrefois bien stable, alors que les populations autochtones qui y résident sont constamment exposées aux ravages causés par les politiques coloniales racistes. Les jeunes de la région sont particulièrement vulnérables à l’insécurité liée à l’alimentation et au logement, à la rareté des emplois et aux faibles taux de diplomation. Les Inuits craignent que leurs systèmes de connaissances traditionnelles perfectionnés ne soient plus en mesure d’assurer leur survie.

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La solution : Avec Ikaarvik, Shelly Elverum incite les jeunes Inuits à se réapproprier leur rôle de premiers scientifiques de l’Arctique capables de gérer les ressources, de tracer leur avenir culturel et économique et de s’adapter aux changements climatiques et culturels qui s’opèrent dans le Nord.

Quel est votre ScIQ?

En conjuguant la science occidentale à l’Inuit Qaujimajatuqangit (ou système de connaissances traditionnelles), Shelly Elverum mise sur la double perspective pour concilier les divergences en matière de recherche et de gouvernance dans l’Arctique.

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Une nouvelle économie du savoir dans l’Arctique canadien.

Shelly Elverum appuie l’intégration des systèmes de connaissances traditionnelles des Inuits dans la science occidentale, permettant aux jeunes Inuits d’occuper des rôles novateurs et cruciaux au sein des communautés sociales et scientifiques de l’Arctique.

Les Inuits sont les premiers scientifiques de l’Arctique, selon Shelly Elverum. Ils possèdent un système avancé de connaissances axées sur la culture et le territoire qu’on appelle Inuit Qaujimajatuqangit ou IQ. Celui-ci s’est transformé et a évolué au fil des millénaires pour mieux assurer leur survie et préserver l’harmonie sociale. Les techniques scientifiques, y compris l’observation, la surveillance et la mise à l’essai, émanent des systèmes de connaissances autochtones ancestraux des populations nordiques.

Cette survie et cette harmonie sociale sont toutefois menacées par les changements climatiques et les répercussions dévastatrices et permanentes qu’ont engendrées les pensionnats canadiens et les autres politiques coloniales racistes. Les Inuits – et particulièrement les jeunes – sont vulnérables à l’insécurité liée à l’alimentation et au logement, aux faibles taux de diplomation, à la rareté des emplois et à la pauvreté prévalant dans la région. Toutes ces difficultés se traduisent par des taux de suicide de 5 à 25 fois plus élevés que la moyenne canadienne.

Shelly a grandi dans l’Arctique canadien en n’étant que très peu consciente de son privilège blanc. Ce n’est que plus tard, installée dans le Sud du Canada, qu’elle a réalisé qu’elle était la seule élève blanche éduquée dans un pensionnat, et que contrairement à elle, ses camarades de classe inuites étaient régulièrement écartées de certains programmes d’études. Plus consciente des avantages dont elle a bénéficié en tant que membre d’un peuple colonisateur, elle est retournée dans la région et a amorcé une conversation avec les Inuits pour comprendre comment elle pouvait servir au mieux la communauté.

En 2013, elle a choisi d’enseigner les technologies environnementales au Nunavut Arctic College. Plutôt que de former les étudiants à assumer des rôles secondaires de conducteurs de bateau ou de collecteurs d’échantillons pour les scientifiques du Sud, elle a misé sur le développement de leurs compétences faisant d’eux de véritables scientifiques.

À l’extérieur du collègue, Shelly et ses étudiants ont créé Ikaarvik (terme inuktitut pour pont), un nouveau programme qui accole à la recherche scientifique axée sur les méthodes coloniales et sudistes une perspective nordique mettant l’accent sur les priorités, les forces et la jeunesse de la région. Les jeunes chercheurs du programme Ikaarvik ont créé l’expression « ScIQ » pour décrire l’incorporation de l’Inuit Qaujimajatuqangit dans la science occidentale. Le résultat? Une culture scientifique plus précise et plus pertinente qui autonomise les jeunes Inuits et leur communauté.

En 2019, Ikaarvik avait permis à plus de 750 jeunes scientifiques d’apprendre les rudiments de la recherche communautaire, de maîtriser les rouages des activités de mobilisation des communautés autochtones et de maximiser leur utilisation des connaissances autochtones. Les Premières Nations de Kluane et de Champagne-Aishihik situées au Yukon adaptent le modèle à leurs propres fins. À l’échelle internationale, les jeunes du programme Ikaarvik collaborent avec la Protection du milieu marin arctique du Conseil de l’Arctique et le Programme circumpolaire des jeunes leaders de l’Institut international sur le développement durable.

Ikaarvik connaît une expansion rapide et attire un nombre croissant d’étudiants, de bailleurs de fonds et de partenaires. Sa programmation couvre maintenant la santé mentale, la responsabilisation des jeunes femmes ainsi que l’autonomisation culturelle.

À long terme, Shelly souhaite se retirer et laisser le programme Ikaarvik entre les mains compétentes des jeunes Autochtones.

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